Pourquoi « avoir une vie spirituelle » est une erreur

En résonance avec ma newsletter de cette semaine (si ce n’est pas encore le cas, tu peux t’abonner en fin d’article), j’ai retravaillé quelque peu cet article un peu ancien : d’une part, toute une partie était trop liée l’actualité du moment où il a été écrit et d’autre part, j’avais envie d’en développer le propos.

Si tu me lis régulièrement, tu le sais, mais pour le moment, je n’ai pas trouvé mieux pour le dire d’une manière aussi courte et percutante… Ma vision de la spiritualité est merveilleusement décrite par Teilhard de Chardin : « Nous ne sommes pas des êtres humains venus faire une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels venus faire une expérience humaine. »

Cela signifie que la spiritualité, c’est ce que nous sommes et pas quelque chose à rechercher ni même à pratiquer. 

Cela signifie que notre humanité, elle, n’est rien d’autre qu’une expérience. C’est la manière que nous avons de traverser la vie.

Cela signifie que la spiritualité n’est pas en dehors de la vie, au sens en dehors du quotidien. Ce n’est pas un « à-côté », encore moins un outil de détente. Elle n’est pas dans nos moments de prière, de méditation, de connexion aux guides, ni même dans les rituels qui peuvent pourtant parfois nous être utiles pour nous connecter au divin.

Une fois intégrée cette notion, on peut alors mieux comprendre le sens de nos expériences humaines. On peut surtout s’en détacher, car nous prenons conscience que nous ne sommes pas elles, et qu’elles ne sont pas nous. Nous pouvons alors les accueillir, les embrasser, y adhérer pleinement, et finalement les transcender. 

Et ceci, dans un mouvement perpétuel d’amour de soi, donc d’Amour.

C’est d’ailleurs pour cela que nous revivons régulièrement certaines expériences. Tu sais, ces trucs qui reviennent nous faire coucou, alors qu’on ne s’y attend pas. On vit une expérience désagréable, on la travaille, on se dit qu’on a compris, transformé, intégré ou incarné… Et puis quelques mois ou années plus tard, la même thématique revient et on se dit : « quoi, encore ce truc ? Mais ça c’était ok normalement, alors pourquoi ça revient ? »

On a l’impression de régresser.

Mais pas du tout.

Au contraire c’est simplement la suite de la « démonstration » de ce dont parle Teilhard de Chardin. Ce que mous prenions pour des avancées ne sont pas définies une fois pour toutes. Ce cheminement à travers les expériences humaines serait même plutôt circulaire. On est simplement invité à reprendre contact avec cette notion qui revient nous visiter encore plus profondément. 

A ce stade, je peux : 

  • la rejeter et/ou passer outre (j’ai rien vu, rien senti, même pas peur, même pas mal) ;
  • essayer de la « comprendre » (pourquoi, comment, c’est quoi le message ?) 
  • l’accueillir de manière plus vivante et vibrante, plus incarnée : la laisser me traverser pleinement, l’accueillir à bras ouverts (oui ma chère peur, viens encore plus près que je t’admire, oui ma honte chérie, je sais que tu es là et que tu as tellement honte d’être là que tu voudrais disparaître, oui ma tristesse je connais ta douleurs et ta souffrance), la ressentir, lui donner touououououououte la place qu’elle a envie et/ou besoin de prendre en ce moment dans mon coeur. 

 

En pratiquant ainsi, j’accepte autant ma part d’ombre que ma part lumineuse, et ce faisant, je réalise l’unité en moi, qui est en réalité ce que nous recherchons lorsque nous prions, méditons ou nous connectons au divin d’une manière ou d’une autre.

C’est pour cela que la richesse de notre vie, le sentiment de paix, de joie, d’amour et de plénitude, la confiance dans le plan divin, ne dépend pas de la quantité ou même de la qualité de nos pratiques spirituelles, mais de la manière dont nous percevons les expériences qui sont les nôtres. 

Il s’agit d’enlever les couches d’artifices, de fausses constructions, de faux semblants, de masques et de voiles que nous avons superposés autour de notre être véritable au fil des ans, la plupart du temps pour nous protéger des douleurs vécues dans la dualité, dans la séparation.

Ne plus se sentir séparé de la paix, de la joie, de l’amour, de la foi. À tel point que nous n’aurions même plus besoin de créer des moments particuliers pour nous y connecter, parce que nous y serions déjà. Toujours. En permanence.

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